Le ministre turc des Affaires étrangères a fustigé les propos accusateurs d’Emmanuel Macron, tenus à l’égard de la Turquie devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg. Selon Mevlut Cavusoglu, le Président français «dépasse les bornes».

À la suite des accusations adressées à la Turquie sur la liberté d’expression et la politique syrienne formulées par Emmanuel Macron lors de la réunion de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a insisté sur le fait que son pays n’avait pas de leçons à recevoir de la France.

«L’attaque de Macron contre la Turquie dépasse les bornes», a déclaré le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu à l’agence de presse officielle Anadolu.

«Je le compare à un coq qui chante alors que ses pieds sont enfoncés dans la boue», a-t-il ajouté.

Le ministre turc a également dénoncé les déclarations du Président français sur la question migratoire.

«Combien de réfugiés Macron a-t-il laissé entrer dans son pays?», a réagi Mevlut Cavusoglu, fustigeant également le locataire de l’Élysée pour son accueil à Paris des Forces démocratiques syriennes (FDS), qualifiées de «terroristes» par Ankara.

«Le dernier pays, selon moi, à pouvoir donner des leçons à la Turquie en matière de droits de l’Homme est bien la France et son Président Macron […] après le scandale Benalla et […] la pression infligée par les services de renseignement français […] sur les journalistes enquêtant sur les ventes d’armes à certains pays du Golfe […] et lors des manifestations des Gilets jaunes, la force démesurée employée par la police française», a dénoncé Mevlut Cavusoglu dont les propos ont été publiés dans Actualité France.Propos tenus par Macron

Emmanuel Macron a déclaré le 1er octobre devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg que, 30 ans après la chute du Mur de Berlin, des droits fondamentaux étaient remis en cause dans certains pays.

Il a alors cité la Turquie, «où l’État de droit recule, où les procédures judiciaires ouvertes contre les défenseurs des droits de l’Homme, des journalistes, des universitaires doivent faire l’objet de toute notre vigilance».

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