Des activistes partisans du gouvernement de N. Pachinyan ont attaqué le siège d’un media diffusant des informations en ligne ouvertement critiques à l’encontre des autorités arméniennes, s’attirant les condamnations unanimes le weekend dernier des principales forces politiques du pays.

Les quatre jeunes gens ont jeté des œufs et placardé des affiches insultantes sur la devanture des bureau du site Hayeli.am à Erevan en signe de protestation contre la teneur qu’ils qualifient de pro-azerbaïdjanaise d’un article publié sur ce site web d’informations la semaine précédente. L’article portait sur la reaction publique du president azerbaïdjanais Ilham Aliyev concernant les declarations de Nikol Pashinyan au sujet du Haut-Karabagh début août à Stepanakert, où le premier ministre arménien avait martelé : “l’Artsakh, c’est l’Arménie !” Sous le titre “La réponse tardive mais forte d’Aliyev à Pashinyan”, l’article se livrait à une critique à peine voilée du leader arménien. “Hayeli.am n’a plus le droit dediffuser”, a indiqué l’un des asssaillants, Davit Hovannisian, interrogé par le journal “Hraparak” durant cette operation.

D.Hovannisian a aussi mis en avant le fait que la directrice de publication de Hayeli.am, Angela Tovmasian, n’est autre que la soeur de Hrayr Tovmasian, le très controversé président de la Cour constitutionnelle d’Arménie dont le Parlement arménien dominé par l’alliance Im Kayl (Mon pas) de N. Pashinyan, a voté jeudi 3 octobre en faveur de la revocation. “Ils devraient tous deux faire leurs valises et se rendre en Azerbaïjan, chez leur papa Aliyev … La soeur de Hrayr Tovmasian, Angela Tovmasian, n’a pas le droit d’exercer quelque activité que ce soit en Arménie”, a-t-il ajouté. “Ils peuvent s’estmer heureux que leur porte ait été fermée. Nlous voulions mettre tout cela dans leurs bureaux”, a poursuivi D. Hovannisian, en montrant les œufs pourris et autres affiches montrant des montages d’Aliyev aux côtés des Tovmasian. S’exprimant devant les journalistes du quotidien “Aravot”, Angela Tovmasian a condamné cette “attaque horrible me visant moi et mon site d’informations”, qu’elle a mise sur le compte de son “opposition affichée” au pouvoir.

Dans une declaration publiée lundi 7 octobre, Hayeli.am a désigné l’attaque comme un acte de “persecution politique” en demandant aux autorités qu’elles “punissent les hooligans”. La police a pour sa part indiqué qu’elle avait lancé une enquête pour “obstruction à l’exercice professionnel et legal du métier de journaliste”, qui constitue un délit en Arménie. Les quatre jeunes gens, tous connus pour leur engagement dans les rangs des partisans de Pachinian, ont été interrogés par la police dans la soirée de dimanche. Mais aucun d’entre eux n’avait été inculpé le lendemain. L’ombudsman d’Arménie, Arman Tatoyan, et le ministre de la justice, Rustam Badasian, ont quant à eux aussitôt condamné l’attaque. “En Arménie, il n’y a pas d’alternative à la liberté d’expression et de tels incidents doivent recevoir la réponse légale appropriée”, a ainsi déclaré R. Badasian.

Les trois forces politiques représentées au Parlement arménien ont ajouté leurs voix à ces condamnations. “IL ne peut y avoir de vraie démocratie sans des media libres et indépendants”, a ainsi indiqué Vladimir Vartanian, un haut responsible de Im Kayl. De son côté, Edmon Marukian, le leader du parti d’opposition Arménie lui:ineuse, a indiqué que l’ incident portait atteinte à l’image de l’Arménie sur la scène internationale. “L’attaque contre un media quel qu’il soit ne peut être justifiée”, a commenté Iveta Tonoyan, du parti d’opposition Arménie prospère, en laissant entendre que les critiques visant l’article de Hayeli.am n’étaient qu’un pretexte pour les partisans du gouvernement pour attaquer un media de l’opposition.

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