Les autorités russes ont classé l’organisation anticorruption de l’opposant Alexeï Navalny comme «agent de l’étranger», une mesure qui la soumet à une surveillance accrue. Cette décision a été prise suite à une enquête du ministère de la justice.

Le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), à l’origine de nombreuses les élites russes, était déjà visé par une affaire pour «blanchiment». Ses comptes ont été gelés en août par la justice et des perquisitions massives l’ont touché en septembre.

«Un contrôle des activités de cette organisation non gouvernementale a permis de déterminer qu’elle remplit des fonctions d’agent de l’étranger», a indiqué mercredi le ministère de la Justice, dans un communiqué publié sur son site.

Alexeï Navalny a réagi sur Twitter en dénonçant une décision «illégale», assurant que son Fonds n’a «pas reçu un kopeck d’argent étranger». «Poutine a peur du FBK car il s’appuie sur le pouvoir des voleurs, des corrompus et nous, nous faisons la lumière sur la corruption», a-t-il encore déclaré.

La classification «agent de l’étranger», introduite par une loi en 2012, désigne une organisation bénéficiant d’un financement d’un autre pays et qui a une «activité politique».

Les «agents de l’étranger» sont obligés de s’afficher en tant que tels dans toute communication ou activité publiques, sont soumis à des contraintes administratives et financières, et font l’objet d’une surveillance accrue.

Alexeï Navalny a lui-même passé 30 jours en prison pour l’organisation de manifestations qui avaient été interdites. Lors de son incarcération, il a brièvement été hospitalisé en raison d’une «grave réaction allergique». Il n’a pas exclu avoir été «empoisonné», mais les médecins n’ont jamais trouvé le moindre agent toxique.

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