Le gouvernement arménien a condamné jeudi 10 octobre l’offensive militaire lancée par l’armée turque dans le nord-est de la Syrie, la qualifiant d’ “illégale” et l’a inscrite à l’ordre du jour d’une reunion d’urgence dirigée par le premier ministre Nikol Pashinyan.

“Nous sommes préoccupés par la situation car nous estimons que cette opération ne fera qu’aggraver la crise humanitaire en Syrie”, a déclaré N. Pashinyan en inaugurant cette reunion d’urgence de son gouvernement à Erevan. “Nous appelons la communauté international à prendre les mesures qui s’imposent pour arrêter cetre action illégale et protéger les citoyens syrien, y compris les minorités ethniques, le long de la frontière avec la Turquie”, a ajouté le premier ministre arménien en préambule du débat relatif à ce dossier étudié à huis clos par les membres de son gouvernement.

N. Pashinyan a par ailleurs signalé que les effectifs militaires arméniens déployés en Syrie poursuivraient leur “mission humanitaire” engagée sur une modeste echelle sur le terrain en étroite coordination avec la Russie. Erevan a déployé en février quelque 80 membres du genie et experts en déminage, médecins militaires et autres effectifs non-combattants à Alep et dans les environs de la 2e ville de Syrie qui comporte une importante communauté arménienne et qui est revenue à l’hiver 2016 dans le giron du régime de Bachar Al Assad avec l’aide de l’armée russe.

Dans une declaration publiée peu avant dans la journée du 10 octobre, le ministère arménien des affaires étrangères avait souligné que l’ “invasion” turque” contribuerait à déstabiliser la région et provoquerait d’importantes pertes civiles. Le ministère arménien appelait la communauté international à mettre un terme à cette offensive afin d’ “empêcher des atrocités de grande ampleur”, en soulignant que la “situation était particulièrement alarmante pour les minorités ethnques et religieuses”. Au nombre de ces minorités, figurant plusieurs milliers d’Arméniens qui vivraient dans ces regions du nord-est de la Syrie actuellement contrôlées par les forces rebelles arabo-kurdes qui en ont chassé les djihadistes de Daech. La communauté arménienne de Syrie s’est réduite comme peau de chagrin depuis le déclenchement de la guerre civile qui a dévasté le pays, en mars 2011, et une partie non négligeable de ses membres a trouvé refuge en Arménie au cours des dernières années. Selon un haut responsable du ministère arménien des affaires étrangères, Armen Melkonian, quelque 3 000 Syriens d’origine arménienne se trouveraient actuellement dans la ville de Qamishli, au nord-est de la Syrie, frontalière de la Turquie, et dans le viseur de l’armée d’Ankara, qui cherche à créer une “zone de sécurité” en territoire syrien le long de sa frontière.

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