Des tirs d’artillerie venus de positions turques ont frappé vendredi une zone du nord de la Syrie dans laquelle se trouvaient des soldats américains, sans faire de blessés.

Paris et Washington ont par ailleurs appelé à la fin de l’offensive turque.

C’est un incident qui souligne les risques pour l’armée américaine de l’offensive d’Ankara. Des troupes américaines se sont retrouvées vendredi 11 octobre sous le feu de positions turques près de la ville de Kobané, dans le nord de la Syrie, a indiqué un porte-parole du Pentagone.

Selon le ministère américain de la Défense, l’incident s’est produit aux alentours de 21H00 heure locale, hors de la « zone de sécurité » que la Turquie, voisine de la Syrie en guerre, cherche à instaurer le long de sa frontière afin de séparer celle-ci des territoires contrôlés par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qu’elle qualifie de « terroriste ».

Une « explosion » est survenue dans « une zone où les Turcs sont informés de la présence de forces américaines », avance le capitaine Brook DeWalt dans un communiqué, précisant que ce tir d’artillerie n’a pas fait de blessés parmi les soldats américains.

Washington demande par ailleurs à Ankara « d’éviter toute action pouvant conduire à une riposte immédiate » et indique que ses forces « ne se sont pas retirées de Kobané ».

Les forces turques ont intensifié vendredi leurs bombardements meurtriers contre des cibles kurdes dans le nord de la Syrie, le président turc Recep Tayyip Erdogan affirmant que l’offensive se poursuivrait en dépit des avertissements américains.

Le président français a souligné vendredi lors d’un entretien téléphonique avec son homologue américain Donald Trump la nécessité que l’offensive turque lancée mercredi dans le nord-est de la Syrie cesse au plus vite, a déclaré l’Elysée.

Partageant des préoccupations communes, la France et les États-Unis resteront étroitement coordonnés dans les prochains jours, a ajouté la présidence française dans un communiqué diffusé dans la nuit de vendredi à samedi.

Après avoir semblé donner son feu vert à cette opération en retirant des soldats américains de secteurs frontaliers dans le nord syrien, le président Donald Trump a soufflé le chaud et le froid, menaçant notamment d' »anéantir » l’économie turque si Ankara « dépassait les bornes ».

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