Toutes les forces politiques faisaient monter les enchères ces derniers jours à Varsovie, présentant les élections législatives, qui se tiendront dimanche en Pologne, comme «le scrutin le plus crucial pour le pays depuis trente ans».

«Un jugement préoccupant, confie au Figaro l’ancien président polonais Aleksandr Kwasniewski, vu qu’il y a trente ans nous changions de système !

 

Le parti au pouvoir PiS et l’opposition semblent ainsi nous dire que cela pourrait être le cas! Cela veut-il dire que nous allons renoncer à tous nos acquis? La démocratie? Notre constitution? L’amarrage à l’Union européenne?» note-t-il, inquiet de l’avenir démocratique du pays, mais «confiant dans les anticorps de la société civile polonaise».

Selon tous les sondages, le parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), au pouvoir en Pologne depuis 2015, est largement favori, la question semblant être de savoir quelle sera l’ampleur de sa victoire. Si le PiS obtenait moins de 41 %, il se retrouverait en position de former un gouvernement minoritaire, mais l’opposition pourrait alors espérer contenir l’emprise croissante et parfois menaçante qu’il a établie sur les institutions, et notamment sur le pouvoir judiciaire. Mais si le PiS parvenait, comme l’indiquent certaines enquêtes, à passer le cap des 45 %, il disposerait alors d’une majorité, qui lui donnerait des ailes. Certains, comme l’historien conservateur Andrzej Nowak, n’excluent pas une majorité constitutionnelle, qui lui ouvre un boulevard politique à la hongroise. Derrière le PiS, la Coalition civile (KO), centriste, qui défend un programme libéral, oscille autour de 30 % et reste affaiblie par l’absence de chef charismatique dans ses rangs et le souvenir de sa gestion passée. Une coalition de gauche, regroupant les restes de l’ancien parti communiste réformé, est à environ 13 %, tandis que la Confédération d’extrême droite et le parti paysan PSL (tous deux autour de 5 %) pourraient entrer au Parlement et jouer les arbitres.

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