La France est prête à riposter contre les attaques américaines

Le ministre de l’Économie et des Finances a jugé «inamicales» et «illégitimes» les hausses de tarifs douaniers sur des produits emblématiques que les États-Unis menacent d’imposer pour punir la France de sa taxe GAFA.

Bruno Le Maire s’est dit prêt à répondre aux nouvelles sanctions économiques dont Washington menace la France après l’instauration par cette dernière d’une taxe sur les géants du numérique qui frappe en premier lieu les GAFA américains (Google, Apple, Facebook et Amazon).

«Nous voulons éviter une guerre commerciale, mais nous serons prêts à riposter, avec nos partenaires européens, si nous sommes frappés par des sanctions que nous estimons inappropriées, inamicales et illégitimes», a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances dans une interview au JDD.

«Nous souhaitons que les négociations menées à l’OCDE en vue d’une taxation internationale aboutissent à un résultat satisfaisant. Si c’est le cas, nous retirerons notre taxe nationale. Sinon, nous relancerons les discussions au sein de l’UE pour mettre en place une taxe européenne», a-t-il également indiqué.

Évoquant la taxe française contre les GAFA, le ministre a jugé «indispensable de taxer des entreprises numériques qui ont la taille d’États, qui font des profits considérables, qui n’ont pas de présence physique sur notre territoire et qui ne paient donc presque pas d’impôts».

L’administration Trump a récemment menacé de surtaxer «jusqu’à 100%» l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français.Sont ainsi visés le champagne, plusieurs types de produits laitiers dont l’emblématique roquefort, les sacs à main en cuir, les cosmétiques, la vaisselle en porcelaine ou encore les articles de cuisine en fonte – soit les célèbres cocottes fabriquées notamment par les entreprises hexagonales Le Creuset et Staub.

Si les États-Unis concrétisent leurs menaces, il s’agirait du deuxième train de sanctions douanières touchant la France: dans la longue bataille juridique autour des subventions accordées à Airbus, l’administration Trump a commencé mi-octobre à appliquer des taxes punitives s’élevant à 10% sur les avions européens, et à 25% sur divers produits alimentaires de l’Union européenne dont une partie des vins français.

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