Mauritanie: une diplomate démissionne après un tweet antisémite

Une diplomate mauritanienne de haut rang a annoncé mardi avoir démissionné après un tweet à connotation antisémite contre un militant français antiesclavagiste, refoulé la semaine dernière à son arrivée à Nouakchott.

Une source proche du gouvernement a indiqué que la diplomate aurait été renvoyée si elle n’avait pas démissionnée d’elle-même, sans préciser si c’était la tonalité antisémite de son message qui lui aurait valu d’être sanctionnée.

Mariem Aouffa, directrice du département Amérique et Asie au ministère des Affaires étrangères, s’était réjouie sur Twitter de l’expulsion le 10 janvier de Jean-Marc Pelenc, le qualifiant de « juif appartenant à Charlie Hebdo, (journal) qui offense la religion musulmane en général, du Coran et du prophète Mohamed en particulier ».

Son tweet, accompagné de la photo d’une Une de Charlie Hebdo, a depuis été effacé.

Jean-Marie Pelenc, président de la branche française de la principale organisation antiesclavagiste mauritanienne, l’IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste), avait été interpellé à sa sortie de l’aéroport de Nouakchott, et renvoyé en France.

Des sites mauritaniens avaient affirmé pendant le weekend, sans preuve, que M. Pelenc était lié à l’hebdomadaire satirique dont la rédaction parisienne a été la cible en janvier 2015 d’un attentat islamiste qui a fait 12 morts.

Le commissaire du gouvernement mauritanien aux droits de l’Homme, Mohamed El Hassen Ould Boukhreiss, a qualifié lundi cette expulsion « d’acte isolé », dû selon lui à la « persistance de dysfonctionnements administratifs ».

Elle ne reflète pas la politique d’ouverture du nouveau président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a-t-il dit.

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