Le Président russe a rappelé la complicité des pays d’Europe dans les crimes nazis

En visite en Israël, le Président russe a rappelé que les crimes nazis pendant la Seconde Guerre mondiale avaient été commis à l’aide de collaborateurs dans plusieurs pays d’Europe, a mentionné le prix que l’URSS a payé pour la Victoire et pour libérer le Vieux Continent et a mis en garde contre toute politisation de la mémoire de la Shoah.

Les crimes commis à l’encontre de la population juive pendant la Seconde Guerre mondiale sont l’une des pages les plus noires et les plus honteuses de l’Histoire mondiale, a estimé Vladimir Poutine intervenant au Forum dédié à la mémoire de la Shoah et à la lutte contre l’antisémitisme.

Et de rappeler que les crimes commis par les nazis, leur soi-disant «résolution définitive de la question juive», avaient «des collaborateurs» dans plusieurs pays d’Europe.

«Dans leur cruauté, ils ont souvent dépassé leurs maîtres. Les usines à mort, les camps d’extermination n’étaient pas desservis que par les nazis, mais par leurs collaborateurs dans plusieurs pays d’Europe. Dans les territoires soviétiques, où sévissaient ces bandits, a été tuée la majeure partie des juifs», a souligné le chef de l’État russe.

Poutine a souligné qu’il était inadmissible que l’héritage et les leçons de la Seconde Guerre mondiale fassent l’objet d’une «conjoncture politique momentanée».

«Le devoir des politiciens et des personnalités d’État et publiques d’aujourd’hui et de ceux à venir est de défendre le nom des héros vivants et tombés, des civils, des victimes des nazis et de leurs collaborateurs. Et tous les moyens doivent être mis à ce service».

Six millions de juifs ont été exterminés, tués dans les camps de concentrations et dans les ghettos, mais aussi massacrés pendant les opérations punitives, a rappelé le Président russe. Et de souligner de nouveau que 40% de ces victimes étaient citoyens de l’URSS.

Ainsi, a déclaré le Président, 1,4 million de juifs ont péri en Ukraine, en Lituanie 220.000 personnes, soit 95% de la population juive d’avant-guerre de ce pays, en Lettonie seules quelques centaines ont survécu.

«La Shoah a été et restera pour nous une plaie profonde», a-t-il pointé.

Et de préciser qu’avant de se rendre en Israël, il avait pris connaissance des rapports rédigés par des officiers de l’Armée rouge après la libération d’Auschwitz. Comme il le souligne, il est «insupportable» et «très difficile» de lire ces documents décrivant en détails l’organisation du camp et comment fonctionnait cette machine d’extermination.C’est avant tout le peuple soviétique qui a mis fin aux projets nazis, «défendant sa Patrie et libérant l’Europe», a tenu à rappeler Poutine. Et ce au prix de 27 millions de victimes.

Vladimir Poutine a en outre proposé d’organiser en 2020 une rencontre «importante et symbolique» des dirigeants des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu.

Selon lui, les responsables politiques ne doivent pas rater les premières pousses de l’antisémitisme et faire tout pour protéger le monde.

«À mon avis, les pays fondateurs de l’Onu, cinq puissances qui portent la responsabilité renforcée de la préservation de la civilisation, doivent servir d’exemple.»

Précisant que la Russie était prête pour un tel dialogue et pouvait sans délai envoyer des invitations aux dirigeants des pays concernés.
Parmi les thèmes de la rencontre pourrait figurer la situation en Libye.

«Mais beaucoup d’autres problèmes existent. La tenue de cette rencontre en cette année 2020 est, à mon avis, importante et symbolique. Nous célébrons le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la fondation de l’Onu».

L’État hébreu accueille le 5e Forum international de la Shoah et la date de sa tenue coïncide avec le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz par l’Armée rouge. Les dirigeants de plusieurs pays étrangers, notamment les Présidents Poutine et Macron, y sont présents.

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