Détenus de l’Hexagone au travail pour fabriquer des masques

Face à l’épidémie de coronavirus, le service pénitentiaire de l’Hexagone, embauche des détenus de ses  huit établissements à travers la France. Ceux-ci vont fabriquer des masques pour des soignants et les différents services du ministère de la Justice.

Détenus de l'Hexagone au travail pour fabriquer des masques

Depuis le 18 mars, les prisons françaises sont sous cloche pour lutter contre la propagation du Covid-19 : plus de parloir, plus d’intervenant extérieur pour les 70 000 détenus français. Mais certains ont repris le travail fin mars.

L’atelier de la prison d’Arles ne fabrique plus d’uniforme pour l’administration pénitentiaire mais des masques. Tout comme l’établissement pénitentiaire de Moulin. Depuis lundi, le centre pénitentiaire pour femmes de Rennes, ainsi que la prison de Val-de-Reuil se sont également mis à la confection de masques. Les établissements de Saint-Martin-de-Ré, Valence, Muret, Châteauroux, qui avaient pour la plupart déjà un atelier de confection, vont s’y mettre d’ici à la semaine prochaine.

Au total 140 détenus, tous volontaires et payés, sont mobilisés, explique Albin Heuman, directeur de l’agence du travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle des personnes placées sous main de justice. Des tests ont conclu que ces masques présentent un niveau de protection suffisant. Ils seront envoyés aux soignants des hôpitaux de Paris et de Lyon, ainsi qu’aux surveillants de prison, aux agents de la protection judiciaire de la jeunesse et aux services judiciaires. Les premières livraisons dans les juridictions auront lieu la semaine prochaine, précise M. Heuman. Dans le centre de détention de Val-de-Reuil, dans l’Eure, « on a sorti 800 masques en trois jours et l’objectif est d’arriver à 600 par jour », explique Jean-René Ferrec, le responsable de l’atelier de confection. L’équipe devrait bientôt atteindre les quinze personnes. Ils fabriquent des masques en tissu, anti-projection, lavables.

Au centre pénitentiaire pour femmes de Rennes, « il y avait plus de volontaires que de postes », indique la directrice Véronique Sousset. « C’est un geste citoyen, civique. Elles participent à l’effort collectif. Elles ont le sentiment d’être utiles à la collectivité ». « C’est une très bonne chose. J’espère qu’on va pouvoir être autosuffisants », a réagi Emmanuel Baudin, secrétaire général de FO-Pénitentiaire, qui a déposé un recours en référé devant le Conseil d’Etat afin de demander davantage de protection pour les surveillants (masque, gel hydroalcoolique, gants etc). L’audience a eu lieu mercredi matin et la décision devrait être rendue dans les prochains jours.

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