Une enquête a été ouverte contre l’«école des imams» à Saint-Denis

«Abus de confiance» et «recel d’abus de confiance»: une enquête préliminaire a été ouverte il y a un mois par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) qui vise la gestion de l’Institut européen des sciences humaines qui forme les futurs imams et enseignants des écoles coraniques.

Une enquête a été ouverte contre l’«école des imams» à Saint-Denis

L’Institut européen des sciences humaines (IESH), qui forme les futurs imams et les enseignants des écoles coraniques, ainsi que de simples citoyens voulant apprendre l’arabe ou se rapprocher de l’islam, est dans le viseur de la justice, rapporte Le Parisien. Quelque 1.500 étudiants passent chaque année dans cet établissement supérieur privé.

Le 18 juin, le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a ouvert une enquête pour «abus de confiance» et «recel d’abus de confiance».

Selon Le Parisien, il y a «des zones d’ombre» concernant le contenu de l’enseignement, l’idéologie des fondateurs et professeurs ou encore dans les sources de financement.

Le doyen de l’IESH, le cheikh Ahmed Jaballah, qui possède un impressionnant CV (imam, professeur de théologie, docteur en islamologie à la Sorbonne) et prône un islam apaisé, est pourtant l’ancien président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), devenue depuis Musulmans de France (MF), une émanation des Frères musulmans*.

«L’UOIF est une fusée à deux étages, le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique», telle est la phrase que lui prêtent les services de renseignement mais qu’il nie.

Comme l’indique Le Parisien, certains étudiants passés par l’IEHS de Saint-Denis sont par la suite devenus djihadistes. C’est le cas de Reda Hame, recruté en Syrie pour frapper une salle de concert à Paris, ou Inès Madani, condamnée à 30 ans de réclusion après avoir essayé de faire exploser une voiture près de Notre-Dame en septembre 2016.

Il y a d’autres étudiants qui sont aussi partis combattre en Syrie.

L’Institut élabore un projet de campus universitaire à Saint-Denis, une ville dans la ville. En octobre dernier, la sous-commission contre les risques d’incendie et de panique a rendu une visite surprise à l’IESH. Bilan: un avis défavorable à l’accueil du public et un arrêté préfectoral de fermeture.

Des sources de financement sont aussi dans le viseur de la justice. Les autorités auraient relevé une discordance entre le chiffre d’affaires de l’IESH et ses investissements immobiliers. Elles s’interrogent aussi sur plusieurs transferts financiers récents entre les pays du Golfe, Koweït et Qatar, et l’IESH.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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