Un chef de secte sud-coréenne accusé d’entraver la lutte contre le coronavirus

Le leader de la secte de l’Eglise de Shincheonji de Jésus, au centre de l’irruption du coronavirus en Corée du Sud en février, a été arrêté samedi car il est soupçonné d’entraver la politique gouvernementale de lutte contre la propagation de l’épidémie.

Un chef de secte sud-coréenne accusé d'entraver la lutte contre le coronavirus

Lee Man-hee, âgé de 88 ans, a été placé en garde à vue tôt samedi « après que le tribunal du district de Suwon a délivré un mandat d’arrêt à 1h20 du matin », a déclaré à l’AFP un porte-parole du tribunal local. Il est accusé d’avoir donné aux autorités sanitaires des registres inexacts des rassemblements de son église, et de fausses listes de ses membres.

Il est suspecté de « tentatives systématiques de destruction de preuves », selon un responsable judiciaire cité par l’agence de presse Yonhap.

Les personnes liées à l’église représentaient plus de la moitié des plus de 4.000 cas de coronavirus en Corée du Sud en février, lorsque le pays était l’un des premiers à subir le pire de l’épidémie dans le monde.

A la date du 19 juillet, elles représentaient 38% des personnes contaminées au coronavirus, selon les autorités sanitaires.

L’Eglise de Shincheonji de Jésus a affirmé que ses membres risquaient d’être victimes de stigmatisation sociale et de discrimination s’ils apparaissaient comme tels, dissuadant certains de répondre aux demandes officielles.

M. Lee est également accusé d’avoir détourné 5,6 milliards de wons (4,69 millions de dollars) des fonds de l’Eglise et d’avoir organisé des événements religieux dans des installations publiques sans approbation.

La Corée du Sud est souvent citée comme un modèle dans la gestion de la crise sanitaire, avec son programme « dépistage, test et traitement ».

Trente et un nouveaux cas ont été enregistrés samedi, portant le total à 14.336, dans ce pays de 52 millions d’habitants.

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