Ces pays européens qui font le choix du vaccin Spoutnik V

Le vaccin Spoutnik V contre le Covid-19 n’a pas encore reçu l’autorisation de l’Agence européenne des médicaments. Mais certains membres de l’Union européenne n’attendent pas l’autorisation de Bruxelles.

Ces pays européens qui font le choix du vaccin Spoutnik V

Contrairement à de nombreux vaccins (Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca), le vaccin russe Spoutnik V n’a pas encore reçu l’autorisation de l’Agence européenne des médicaments (EMA) afin d’être déployé dans l’ensemble des 27 pays membres de l’Union européenne. Mais certains pays n’ont pas hésité à s’affranchir de l’avis de Bruxelles pour autoriser l’usage du vaccin russe dans le cadre de leur campagne de vaccination.

La Slovaquie emboîte le pas à la Hongrie

La Slovaquie, l’un des pays où le taux de mortalité au Covid-19 est le plus élevé au monde, a ainsi reçu le 1er mars son premier lot du vaccin russe Spoutnik V.

«Vous pouvez voir derrière moi le premier envoi des deux millions de vaccins Spoutnik V que nous avons commandés», a déclaré le Premier ministre, Igor Matovic, depuis l’aéroport de Kosice où il est venu accueillir la marchandise. Avec cette livraison, la Slovaquie devient le 39e pays au monde et le deuxième pays de l’Union européenne à autoriser l’utilisation de Spoutnik V sur son territoire.

Le 12 février, la Hongrie homologuait le vaccin russe, devenant ainsi le premier pays membre de l’Union européenne à franchir le pas. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, avait notamment critiqué le processus de validation et d’achat des vaccins par Bruxelles, qu’il jugeait trop lent. La directrice générale de la santé hongroise, Cecilia Muller, avait alors invité 560 médecins généralistes à sélectionner chacun cinq patients pour qu’ils se fassent vacciner avec ces 2 800 doses fournies par la Russie.

En dehors de l’Union européenne, le 26 février, les autorités sanitaires de la Moldavie annonçaient dans un communiqué l’homologation du vaccin russe Spoutnik V. La Biélorussie, premier pays étranger à avoir donné son aval à l’utilisation du vaccin russe, avait pris cette décision courant décembre 2020.

La Serbie, la République tchèque et l’Autriche font part de leur intérêt

A la mi-février, la Serbie annonçait elle aussi s’intéresser vivement au vaccin russe, souhaitant même qu’une partie de sa production soit engagée sur son territoire. Le Premier ministre serbe, Ana Brnabic, avait par ailleurs précisé que la Serbie était «l’un des rares pays à considérer l’achat et la distribution de vaccins comme un problème de santé publique et non géopolitique». «La seule question pertinente pour nous est de savoir si un vaccin est sûr et efficace, et je pense que le monde serait dans un autre état aujourd’hui si chacun voyait le vaccin de cette manière», avait-elle déclaré.

Pour faire face à une flambée de l’épidémie dans le pays, la République tchèque, elle aussi, a d’ores et déjà signifié ses intentions d’acquérir au plus vite des vaccins, avec ou sans l’aval des autorités européennes.

Le Premier ministre tchèque Andrej Babis a estimé que seul l’accord de l’autorité sanitaire nationale suffisait à distribuer le vaccin russe, précisant que sans l’aval de l’Agence européenne du médicament, la responsabilité incomberait seule au ministère de la Santé tchèque. Plus tôt, le président tchèque Milos Zeman avait pour sa part fait savoir qu’il avait demandé à son homologue russe Vladimir Poutine si Moscou pouvait fournir des vaccins Spoutnik V à son pays. Le chef d’Etat russe avait répondu favorablement à cette demande.

Enfin, Vladimir Poutine et le chancelier autrichien Sebastian Kurz ont également évoqué le 26 février la possibilité de livraisons du vaccin Spoutnik V à Vienne. Lors d’un entretien téléphonique relaté par l’AFP, les deux dirigeants ont aussi abordé la possibilité d’une production conjointe, le Kremlin précisant qu’il était convenu que de «nouveaux contacts étroits» soient engagés à l’avenir sur ce sujet.

Le vaccin russe a été le premier vaccin enregistré au monde basé sur la plateforme de vecteurs d’adénovirus humains. Début février, des résultats publiés dans la revue médicale The Lancet et validés par des experts indépendants avaient indiqué que le vaccin russe Spoutnik V était efficace à 91,6 % contre les formes symptomatiques du Covid-19.

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